DSI : décider aujourd’hui, préserver sa liberté d’agir demain
Dans un environnement volatil, les DSI doivent sécuriser les opérations tout en préservant la capacité d’adaptation de l’entreprise. Comment concilier ces exigences ? À l’occasion de sa dixième participation consécutive à l’assemblée générale du Cigref, Clémence Richard, fondatrice de Seed.up, revient sur une conviction : la solidité des appuis doit aller de pair avec la souplesse des décisions.
Au Pavillon Gabriel, l’assemblée générale du Cigref a offert un espace de réflexion sur un métier de DSI en constante transformation. Pour Clémence Richard, les échanges de cette édition se sont distingués par leur dimension opérationnelle et leur attention portée à l’écosystème du directeur des systèmes d’information.
Clémence remercie Henri d’Agrain, Emmanuel Sardet, leurs équipes et l’ensemble des intervenants pour la richesse des discussions. Une question traverse les réflexions qu’elle en retient : les choix pris aujourd’hui permettront-ils encore à l’entreprise d’agir demain ?
Sécuriser les opérations sans figer l’avenir
« Rester souple sur ses chevilles » : les mots de Pascale Montrocher ont particulièrement résonné chez Clémence Richard. L’image traduit un équilibre exigeant : conserver des appuis solides pour absorber les chocs, tout en sachant ajuster sa posture, réagir à l’imprévu et questionner ses certitudes.
Pour les DSI, cette souplesse se joue dans des arbitrages très concrets :
- Assurer la continuité et la sécurité des opérations dans un écosystème volatil.
- Réduire les dépendances pour préserver des marges de manœuvre.
- Répondre aux urgences sans perdre de vue les transformations de long terme.
- Avancer sans attendre que tous les risques soient levés.
Décider dans l’incertitude demande du discernement pour évaluer les options, mais aussi du courage pour s’engager. L’enjeu consiste à faire des choix suffisamment robustes pour soutenir l’activité, tout en conservant la possibilité de les ajuster lorsque le contexte évolue.
L’écosystème du DSI, un levier de capacité d’adaptation
Cette souplesse se construit avec les autres. Elle repose sur des partenaires capables de s’adapter, des alliances solides et une confiance nourrie d’exigences réciproques.
Au-delà de la pertinence d’une solution technologique, le DSI doit ainsi considérer la qualité de la relation qui l’accompagne. Le partenaire pourra-t-il répondre à de nouveaux besoins ? Les engagements pris laisseront-ils des possibilités d’évolution ? La relation permettra-t-elle de traverser une période de tension ?
Structurer cet écosystème fait pleinement partie du rôle stratégique du DSI. En rendant les dépendances visibles et en éclairant les arbitrages du Comex, il donne à l’entreprise les moyens de mieux anticiper les conséquences de ses décisions et de s’adapter.
Intelligence artificielle : penser les compétences et la transmission
L’intelligence artificielle renforce cette responsabilité. Les choix technologiques engagent aussi l’évolution des métiers, le développement des compétences et la transmission des savoirs.
La transformation de l’entreprise suppose donc de penser ensemble les outils et les conditions de leur appropriation. Comment faire circuler l’information ? Comment partager l’expérience acquise ? Comment transmettre une culture d’entreprise lorsque les pratiques de travail évoluent ?
Pour Clémence Richard, ces questions prolongent la réflexion sur la liberté d’agir. Une entreprise conserve sa capacité d’adaptation lorsqu’elle permet à ses équipes de comprendre les changements, de développer leurs compétences et de partager leurs connaissances.
Le sparring partner : prendre du recul pour mieux décider
Ces échanges font écho à l’approche de Seed.up Community, dont plusieurs sparring partners ont été membres du Cigref ou ont siégé à son conseil d’administration.
Face à des décisions qui engagent l’avenir, le sparring partner offre au dirigeant un espace pour prendre du recul, confronter ses analyses et questionner ses convictions. L’expérience nourrit cet échange : elle aide à élargir le regard, à apprécier les conséquences d’un choix et à identifier les marges de manœuvre à préserver.
Pour les DSI comme pour les autres membres du Comex, cet accompagnement soutient une exigence centrale : décider aujourd’hui tout en préservant la liberté d’agir demain.