Pourquoi se passer de 50 % des talents ?
À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science 2026, un constat s’impose : peut-on encore se permettre de se priver de la moitié des talents dans les métiers scientifiques et technologiques ?
C’est autour de cette question essentielle que l’association Femmes@Numérique a réuni 900 participantes au siège de l’UNESCO à Paris, dans le cadre des Assises de la féminisation des métiers du numérique. Un événement fort, lucide et résolument tourné vers l’action.
L’ambition portée par les intervenantes est claire : l’innovation scientifique et technologique ne peut être durable, éthique et souveraine sans la pleine participation des femmes.
Innovation numérique : sans les femmes, pas de souveraineté durable
La députée Anne Le Hénanff a ouvert la journée en soulignant l’urgence d’un changement profond de mentalité pour faire des femmes de véritables actrices du numérique.
Les faits sont établis :
- Les équipes mixtes performent davantage
- Les vocations scientifiques chez les adolescentes progressent
- L’envie et les compétences sont présentes
Le défi n’est donc pas l’ambition des femmes. Le défi est de créer les conditions pour que cette ambition devienne une trajectoire professionnelle durable.
Femmes dans la tech : des vérités qu’il est temps d’affronter
Élisabeth Moreno a livré un discours marquant, rappelant des réalités que les chiffres confirment :
- Les femmes sont à l’origine de nombreuses innovations technologiques utilisées quotidiennement.
- Comme l’affirmait la chercheuse en intelligence artificielle Karen Spärck Jones : « L’informatique est trop importante pour qu’on la laisse aux mains des hommes. »
- 41 % des femmes quittent le secteur technologique après dix ans de carrière.
- Dans un cas sur trois, les biais sexistes sont en cause.
- L’échec féminin est plus sévèrement sanctionné socialement, car il alimente les stéréotypes existants.
Ces données révèlent un enjeu systémique : le numérique ne perd pas des talents féminins par manque de compétence, mais par défaut d’inclusion.
Féminisation des métiers du numérique : un enjeu collectif
Dans la salle, les 900 femmes présentes ne se sont pas levées uniquement pour applaudir. Elles se sont levées pour affirmer une conviction : l’avenir économique, technologique et stratégique d’une nation repose aussi — et peut-être surtout — sur le talent des femmes.
La féminisation des métiers du numérique n’est pas une question d’image ou de diversité cosmétique. C’est une question de performance, d’innovation et de souveraineté.
Merci aux équipes de Femmes@Numérique pour cette mobilisation inspirante !